En finir avec la peur du conflit

4 étapes pour gérer un conflit et vous faire respecter

Temps de lecture estimé : 6 minutes

Cher lecteur,

Au quotidien, les sources de conflit sont nombreuses :

  • Quelqu’un vous double dans une file d’attente
  • Les voisins mettent la musique à fond à 2h du matin
  • Un collègue vous manque de respect en pleine réunion

Si vous ne faites rien, les petites humiliations vont se multiplier.

Ça peut être anodin : le serveur se trompe dans votre commande (et vous ne lui dites rien), ou beaucoup plus grave : le patron vous traite d’abruti devant tout le monde.

Et si vous laissez faire, vous entrez dans un cercle vicieux dont il est difficile de se sortir :

  • Le déni (« ce n’est pas si grave, il faut être plus intelligent que ça »)
  • La dépréciation (« peut-être que c’est lui qui a raison »)
  • Le sentiment d’impuissance (« si je dis quelque chose, ce sera pire… »)

Au fil du temps et des conflits que vous évitez, vous intériorisez cette tactique d’évitement. Votre confiance en vous s’effrite.

Peut-on vous marcher dessus sans risquer quoi que ce soit ?

Si une ou plusieurs de ces situations vous est familière, j’ai quelques questions pour vous :

  • Êtes-vous un homme ou un paillasson ?
  • Peut-on vraiment vous marcher dessus sans risquer quoi que ce soit ?
  • Serait-ce pareil si on s’en prenait à vos proches plutôt qu’à vous ? Êtes-vous à ce point inoffensif ?

Désolé si c’est abrupt, mais posez-vous vraiment ces questions.

Bien sûr, si on vous tombe dessus à 6 contre 1 dans le métro, mieux vaut donner votre portefeuille que de jouer à Karaté Kid.

Mais au quotidien, les petites humiliations viennent davantage de gens inoffensifs que de caïds prêts à vous planter.

Et vous avez le DEVOIR de vous faire respecter.

On vous a APPRIS à détester les conflits

On nous apprend depuis l’enfance que le conflit, c’est mal.

On l’associe à la violence, à la colère… bref, à la rupture de civilisation.

C’est pourquoi on nous domestique.

On nous apprend qu’il faut être conciliant. Tolérant. Quitte à accepter notre sort sans broncher. 

Quand on y pense, c’est pratique, de domestiquer des générations entières : ça évite les incidents…

Mais à l’échelle individuelle, ça n’invite pas à se se battre dans la vie.

Ça invite à rester à sa place. À se complaire dans l’excuse permanente et la peur. 

Alors que si vous saviez mener intelligemment un conflit utile… Vous pourriez gagner beaucoup.

Ce qu’on gagne à se disputer

Souvent, quand on évite un conflit, on minimise ce qu’on perd en ne se défendant pas. 

Je vous donne un exemple : si le serveur se trompe dans votre commande, vous allez faire comme si ça n’était pas grave.

« De toutes façons, j’aime autant le poisson que l’agneau, ça me va très bien ! »

Bien sûr que c’est bon, le poisson…

Mais le problème, c’est que ces excuses sont des automatismes.

L’important n’est pas de savoir si c’est grave ou pas.

L’important est de reconnaître que vous avez été floué, en premier lieu. Pas de minimiser à tout prix.

Vous travaillez dur pour emmener votre famille au restaurant. Vous voulez passer un bon moment, vous l’avez mérité. Cet agneau à la broche vous fait très envie…

Et vous vous retrouvez avec un filet de sandre.

Pas de quoi faire un scandale, mais vous avez le DROIT de demander qu’on rapporte l’assiette en cuisine pour vous amener le plat que VOUS avez choisi. 

D’ailleurs, ça ne créera pas de conflit.

Le serveur va s’excuser. Il va reprendre votre plat, et demander au cuisinier de faire une assiette d’agneau

Vous avez peur d’être impoli ? Ne le soyez pas.

Si vous lui dites « Excusez-moi monsieur, j’ai commandé de l’agneau, pas du sandre. Pouvez-vous régler ça s’il vous plait ? », vous êtes courtois, poli… et vous vous faites respecter. Bon appétit. 

Je donne cet exemple du restaurant car je l’ai vu des dizaines de fois.

Bien sûr, c’est le plus facile : le serveur est là pour vous servir. Mais c’est vrai aussi dans toutes les situations où vous n’avez pas le pouvoir.

Et c’est là que ça devient dur :

  • Négocier une augmentation avec votre patron, ou un prêt avec votre banque
  • Demander à celui qui met sa musique à fond dans le bus de mettre des écouteurs
  • Faire remarquer à celui qui vous a doublé que vous étiez là avant

La peur du conflit, c’est la raison pour laquelle vous subissez toutes ces petites humiliations au quotidien.

Et vous pourriez sortir de cette spirale avec des exercices simples.

Devenez ASSERTIF : 4 étapes pour vous faire respecter

La vraie raison pour laquelle vous fuyez le conflit, c’est votre manque d’assertivité.

L’assertivité, c’est la capacité à reconnaître votre valeur, la légitimité de vos principes et de vos intérêts.

C’est la confiance en votre bon droit, et la capacité à le faire respecter.

Pour devenir assertif dans une situation de conflit, respectez ces 4 étapes :

  • Rejouez brièvement la scène dans votre esprit je faisais la queue pour payer mes courses. Cet homme est arrivé par la droite, et s’est intercalé entre la personne devant moi et moi. Il m’a doublé.
  • Validez la légitimité de votre mécontentement la règle, c’est que le dernier arrivé se met au bout de la file. Sinon, c’est la loi de la jungle, et tout le monde se double. Moi, je n’ai doublé personne.
  • Pensez à ce que vous pouvez perdre (ne le minimisez pas !) nous sommes samedi. Les courses, c’est déjà une corvée… Mais si en plus, je perds du temps parce qu’on me double et que je ne dis rien, non seulement je suis lâche, mais en plus je suis en retard.
  • Formulez votre objection CLAIREMENT et sans agressivité « Excusez-moi, vous n’avez sûrement pas fait exprès, mais vous m’avez doublé »

Bravo ! Vous venez de faire valoir votre bon droit.

Maintenant il faut garder la tête froide

Une approche dépassionnée : comment éviter de tomber dans le panneau

Dans 99% des cas, la personne va s’excuser et retourner en bout de file.

Simplement car vous lui avez fait remarquer. Sans doute n’a-t-elle pas fait exprès…

Et même si c’était le cas : les malhonnêtes misent sur la peur des autres. Mais eux aussi ont peur du conflit !

Ils osent juste un peu plus.

Imaginez que le type vous réponde « Et alors ? Vous êtes pressé ? »

Même si ce n’est pas le cas, répondez « Oui ».

Ce n’est pas la question, de savoir si vous êtes pressé ou pas. Ce n’est pas son problème. C’est lui qui est en tort, pas vous.

C’est un point important.

Pour gérer un conflit et obtenir gain de cause, il faut rester froid et dépassionné.

N’allez pas sur le terrain personnel, ne répondez pas aux questions inappropriées. Ne vous énervez pas : c’est tout ce qu’ils attendent.

Restez sur le terrain des faits.

S’il refuse toujours de bouger (ce qui serait exceptionnel),  libre à vous de demander assistance, ou de le déplacer vous-même, manu militari.

Faites-vous entendre avec les bons mots

Souvent, ce sont des mots qu’on n’ose pas dire qui nous bloquent.

On a peur d’être impoli. Mal vu. Ou pire : de  déclencher une réaction hystérique chez l’autre.

C’est parce qu’on surévalue la gravité de ce qu’on va dire.

C’est aussi parce qu’on surévalue la confiance qu’ont les autres en eux, et qu’on se dévalorise.

Rappelez-vous que la plupart des gens sont comme vous, et qu’ils n’ont rien de dominant. Si on les remet en place, ils s’écrasent.

Voici comment vous faire respecter sans faire de scandale :

Soyez poli : commencez par « Excusez-moi », allez-y avec un ton franc mais dépourvu d’agressivité

Mentionnez la bonne foi de l’autre : en lui permettant de reconnaître qu’il s’est trompé sans faire exprès, vous évitez que votre interlocuteur se braque.  « Vous n’avez sûrement pas fait attention », c’est une porte de sortie pour celui qui vous a doublé : il la saisira, et répondra « Oh oui pardon, je ne vous avais pas vu ! ».

Restez courtois : j’y reviendrai, mais c’est le contraste entre la forme polie et le fond ferme qui permet de se faire respecter. Si vous vous emportez, c’est perdu.

Ne changez pas de sujet : vos interlocuteurs essaieront souvent de faire dévier le sujet, ou d’aller sur un terrain personnel. C’est la raison pour laquelle il faut répondre « Oui » quand on vous demande si vous êtes pressé, sinon vous cédez du terrain. Surtout, éludez les objections. Rappelez la règle fermement, exposez les faits sans y mettre d’affect.

J’insiste sur l’exemple de la file d’attente, car c’est un cas de figure récurrent.

Quand on vous manque de respect, demandez s’il y a un problème

Quand on vous manque de respect gratuitement, ou qu’on vous attaque personnellement, c’est la même chose.

Si un collègue vous tacle en public, répondez-lui “Excuse-moi, je trouve que cette remarque est déplacée. Est-ce qu’il y a un problème, ou quelque chose dont tu voudrais parler ? “

Si vous avez un différend avec un ami, idem : “Je ne comprends pas pourquoi tu me manques de respect comme ça. Je t’ai fait quelque chose ?”

La clé, comme dans ma lettre sur la susceptibilité, est d’apprendre à rester imperturbable.

Et surtout, de poser des questions jusqu’à désamorcer le fond de l’histoire. Les questions permettent de faire avance le conflit sans vous énerver, car c’est vous qui dictez le tempo.

Si vous vous énervez, la conversation risque de vriller. L’autre aura trouvé la faille, et rien de productif ne pourra en sortir.

À l’inverse,  ne pas montrer d’émotions mais les exprimer froidement, rester factuel et poser des questions… c’est renvoyer l’autre dans les cordes.

Soyez impeccable sur la forme, ne dites rien de grossier ou de vexatoire, ne vous emballez pas… Et restez intransigeant sur le fond.

C’est le contraste entre la fermeté du message et la courtoisie de votre style qui fait que ces techniques fonctionnent.

Prenez des leçons de courage

Si avec ces éléments de méthode, vous n’arrivez pas à vous lancer…

Si vous restez silencieux, et que vous n’osez pas…

C’est qu’il vous manque du courage.

Je le répète souvent : il n’y a pas de formule magique. Je ne peux pas vous expédier une dose de courage liquide, à boire pour vous faire respecter. 

En revanche, je vous invite à travailler sur plusieurs points déjà abordés :

Je vous reparlerai bientôt de confiance en soi : c’est la clé d’une vie épanouie. 

D’ici là, je serai ravi d’avoir vos commentaires au sujet du conflit : comment l’abordez-vous ? Quels problèmes rencontrez-vous pour vous faire respecter ?

Ça m’aide à vous aider. 

Bien cordialement,

Marc

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Haslo
Haslo
1 année il y a

J´ai de´vert vos articles grace a´J:M:Dupuis il ya quelques semaines.Ils sont excellents de tout ce que j´ai pu rencontrer sur le Net concernant le developpement personnel.Merci bcp.

rafael
rafael
1 année il y a

Très bonne méthode, allié la fermeté avec la politesse !
Souvent, dans une situation de conflit, avec un inconnu,
nous avons tendance, à nous énerver et a perdre notre
sang froid, qui est « la ressource » avec la quelle nous
pouvons, véritablement résoudre les conflits et les
problèmes du quotidien.

Philippe PRACH
Philippe PRACH
1 année il y a

ces problèmes de conflits je les aient réglés depuis l’âge de 12 ans suite a du harcèlement scolaire a l’époque même certains maitres ou maitresses me rabaissait .un psy a préconisé a mes parents de me faire pratiquer des sports de combat . en quelques mois tout a changé . je me suis passionné pour le judo et la lutte . ca a été radical même plus besoin de ce battre . pour parfaire le tout plus tard après 18 mois chez les commandos para j’ai pratiqué la boxe française . aujourd’hui j’ai 62 ans et je pratique toujours .… Lire la suite »

CHESNEL
CHESNEL
1 année il y a

Bonsoir, cela a commencé, je crois, avec le port obligatoire de la ceinture de sécurité en voiture. Sans laquelle, vous êtes passible d’une amende. Alors que vous ne mettez que votre vie ou votre santé en danger et ne faites de « tord » à personne ! Comment en est-on arrivé au confinement actuel ? Avec des amendes qui peuvent devenir très onéreuses ! Même si vous n’êtes pas malade, même avec des tests récents négatifs, etc… N’y a t’il pas là aussi, manque de respect, manque aux droits fondamentaux… N-y a t’il pas manque à la démocratie quand nos représentants n’osent… Lire la suite »

Chantal Demoncy
Chantal Demoncy
1 année il y a

Je suis tout à fait ok avec les attitudes à avoir avec les situations données : cependant, souvent aussi les rapports avec les membres de la famille peuvent poser problème : on est appelé à se revoir plus ou moins souvent avec notre famille et là , c’est encore plus compliqué de remettre certaines choses en place car ces personnes peuvent réagir en vous en voulant pour un bon moment de les avoir remises
( même avec calme) en place et un minime événement peut perdurer !

Richard
Richard
1 année il y a

Bonjour, Je pense que ces situations que vous décrivez sont applicables ponctuellement. Dans le cadre d’un métier où l’humiliation est une partie constante et quotidienne, il est très difficile de l’appliquer pendant plusieurs années. Il faut parfois savoir mettre son orgueil dans sa poche avec son mouchoir par-dessus. Dans le cadre du métier de syndic que je pratique depuis des années, les assemblées générales en soirée sont le lieu de défoulement de la part des copropriétaires vis-à-vis de notre personne. Ce métier méconnu pour lequel les copropriétaires pensent que l’on pique leur fric, que l’on est incompétent, que l’on ne fiche… Lire la suite »

Christiane
Christiane
1 année il y a

Tout à fait ma manière d’agir et il est vrai que l’interlocuteur est souvent « scotché » et rentre dans le rang !!! C’est même assez drôle, parfois !!!
Merci

Philippe BLAISON
Philippe BLAISON
1 année il y a

Vous avez raison, on gagne toujours à discuter, posément mais fermement, et toujours avec de bons arguments, choisis et factuels !

ADAMA
ADAMA
1 année il y a

Salut Marc pour les bons conseils que j’ai reçu de vous. C’est très utile et nécessaire dans la vie pour mieux vivre et se faire respecter partout et en toutes circonstances. Je vous remercie pour vos leçons de sagesse et savoir être.

Pierre Dercy
Pierre Dercy
1 année il y a

Salut Marc, Si on me dépasse dans une file, je redépasse, tout simplement; c’est plus parlant. Si on se trompe de plat au resto, je le dis, tout simplement; Si on se gare devant mon garage, je fais déplacer la voiture, Si on m’agresse verbalement, je réponds, tout en évaluant mes chances de riposte si ça devait prendre d’autres proportions, etc. Et le tout sans animosité. En général, je n’ai pas de problème avec ces situations. Le truc, c’est le contrôle de ses émotions et la confiance en soi. La vie est faite de conflits en tous genres. Pour nous… Lire la suite »

OUDARD
OUDARD
1 année il y a

Bonjour Monsieur j’apprecie vos conseils consistant à replacer «l’église au centre du village». Un bémol cependant.Car , dans un contexte professionnel où c’est votre supérieure hiérarchique qui se comporte d’une manière subtilement désagréable « Agir avec doigté » est la règle.. Car , c’est votre job que vous jouez..et tout ce qui va avec.. Ce n’est pas une question de « Courage » simplement ménager la chèvre avec le chou.. Pour en avoir fait l’expérience , la ferme courtoisie dans les propos et le questionnement restent parfois lettre morte .. Par contre , la mise en danger , elle ,… Lire la suite »

Etchebarne denise
Etchebarne denise
1 année il y a

Bonjour Marc, Ce que vous dites est tout à fait vrai. Il m’a fallut attendre 55 ans pour l’appliquer à cause du conditionnement de l’éducation que j’ai reçue : « Ne pas faire de vagues ». Denise

Yuguero
Yuguero
1 année il y a

Bonjour trop bien vos conseils

Michel
Michel
1 année il y a
Répondre à  Yuguero

Michel
Toutes vos lettres sont excellentes, la file d’attente je l’ai vécu il y a déjà longtemps , le gars était plus grand que moi, arrogant : tu te prends pour qui ? m’avait-il répondu . Je m’en suis tenu au vous.. au fait qu’ il était passé devant moi. Il faut peut-être ajouté que je pratiquais le karaté depuis un moment, ça aide aussi … tout en restant courtois mais ferme, j’étais déterminé a aller au charbon au cas ou? Ce ne fut pas nécessaire.
Merci encore ..

Recevoir les 8 conseils de Marius