Vaincre votre timidité (partie 1)

Comprendre l’origine et les causes de la timidité

Temps de lecture estimé : 5 minutes

Cher lecteur,

Quand je parle de mental, d’accomplissement, de réussite…

Je reçois de nombreux messages et commentaires de votre part. 

Vous avez envie de vous dépasser, de prendre des risques, de sortir de votre zone de confort… Mais vous avez un blocage. 

Un trait de caractère qui vous pourrit la vie. 

Qui vous fait honte, même… 

Ce blocage, c’est la timidité.

Ces situations vous disent quelque chose ?

Cette fille vous plaît, vous aimeriez aller la voir pour lui proposer de sortir… mais vous avez la boule au ventre, et vous n’arrivez même pas à lui parler.

Au supermarché, vous apercevez un collègue faire ses courses avec ses enfants. Au lieu d’aller le voir pour le saluer, vous faites demi-tour et l’évitez soigneusement.

Quand vous êtes à une fête, un mariage ou une soirée de travail, vous faites ce que vous pouvez pour socialiser… mais à chaque fois que vous prenez la parole, vous avez l’impression de casser l’ambiance ou de rendre les choses bizarres. Vous craignez qu’on vous prenne pour quelqu’un d’inadapté.

Même le téléphone peut vous angoisser. Quand il faut appeler un garagiste pour un rendez-vous, commander une pizza ou demander un conseil à votre banquier, votre cœur bat plus vite dès que vous composez le numéro.

Si une ou plusieurs de ces situations vous parle, alors vous avez déjà fait l’expérience de la timidité. 

Qu’est-ce que la timidité ?

La timidité est une « sensation persistante d’inconfort, de nervosité ou d’appréhension qu’on éprouve lors d’une interaction avec une ou plusieurs personnes ».

Quand vous souffrez de timidité, vous éprouvez un malaise intérieur dans des situations sociales. 

Ce malaise peut se traduire par des sensations physiques : vos mains sont moites, vos joues rougissent, votre cœur bat plus vite…

Et surtout, vous n’avez pas envie d’être là. Si vous pouviez fuir, vous le feriez.

D’où vient cette sensation ?

La timidité est une réaction instinctive à une menace. 

À l’état de nature, un homo sapiens exclu du groupe a peu de chances de s’en sortir. 

Pas de chasse en groupe, pas de répartition des tâches, pas de tours de garde pour protéger l’abri…

La mort sociale, pour nos ancêtres, c’était la mort tout court.

C’est cette réminiscence qui déclenche la timidité : vous avez peur d’échouer lors de vos relations sociales, d’être la risée du groupe… et in fined’être banni.

Dans cette perspective, chaque interaction sociale est un risque que vous prenez. Le risque d’être vu, jugé, exclu.

Ainsi, chaque interaction sociale est analysée, chez un timide, selon un rapport coût/bénéfice :

  • D’un côté, cette fille me plaît et j’aimerais beaucoup l’inviter à sortir…
  • De l’autre, si elle m’envoie balader, j’aurais l’air ridicule et tout le monde va se moquer de moi – je serais une proie facile.

Or, à peser le pour et le contre à chaque interaction, les timides tendent à éviter de plus en plus toute interaction sociale.

Sommes-nous tous timides ? 

Il faut bien comprendre que ce rapport coût/bénéfice, cette « prise de risques » sociale, est un sentiment largement partagé.

Les timides n’ont pas un cerveau à part, et ne se posent pas des questions que personne d’autre ne se pose.

Au contraire : la moitié de la population (dans les pays occidentaux) se décrit elle-même comme timide, et 95% des Occidentaux confirment avoir déjà ressenti de la timidité dans au moins une situation. 

Alors si c’est votre cas… vous n’êtes pas seul.

On peut même considérer que tout le monde est plus ou moins timide. Et que certains le gèrent mieux que d’autres – j’y reviendrai.

Et bonne nouvelle : les causes de la timidité sont connues, et ce sont plus ou moins les mêmes pour tous. 

Pourquoi vous êtes timide

Les chercheurs sont formels : il n’existe aucun gène de la timidité.

En revanche, certains tempéraments y sont plus enclins.

Par exemple, certaines réactions chez les bébés peuvent donner une indication sur leur degré de timidité une fois adultes.

Une angoisse excessive vis-à-vis d’un stimulus nouveau est souvent corrélée avec l’apparition d’une timidité plus ou moins contraignante.

Les facteurs environnementaux sont importants : l’éducation que vous avez reçue, les expériences que vous avez faites pendant l’enfance, les premières interactions en groupe, la diversité des milieux dans lesquels vous avez baigné…

L’environnement de votre prime jeunesse est la colonne vertébrale de votre sociabilité. C’est lui qui définit comment vous allez vous comporter naturellement une fois adulte.

Plus tard, c’est l’abondance ou au contraire le manque d’interactions sociales qui va définir votre degré de timidité.

Dans un monde où tout passe de plus en plus par les écrans, cette « épidémie de timidité » que certains chercheurs semblent constater trouve ainsi une explication rationnelle. 

On peut par exemple penser aux hikikomoris japonais, ces jeunes hommes qui se coupent du monde et développent une véritable phobie sociale.

Cette phobie en pousse certains à ne pas sortir de leur appartement… pendant des mois, voire des années.

Ainsi, la timidité est d’abord un construit… mais ce n’est jamais, en aucun cas, une condition définitive.

Vous n’êtes pas « timide » par nature.

Vous l’êtes dans des situations, plus ou moins fréquentes, à cause à la fois de vos expériences passées… mais aussi et surtout à cause des erreurs que vous faites et qui vous empêchent d’être à l’aise socialement.

L’aisance sociale est une compétence qui se travaille

Le plus grand facteur de timidité, ce sont les pensées limitantes

Elles viennent de votre passé et de vos expériences, comme on l’a vu, mais pas seulement. Elles viennent de l’absence de stratégie de votre part pour les surmonter.

Les fausses croyances et les biais cognitifs (comme penser que tout le monde se ligue contre vous, ou qu’on vous trouve bizarre sans raison) sont ce qui entretient et aggrave cette timidité.

La peur de l’embarras ou du malaise vient aussi d’une suranalyse de la situation, toujours d’un point de vue négatif : vous cherchez absolument « la petite bête », LE point sur lequel vous auriez pu améliorer vos interactions, et sur lequel vous êtes sûr qu’on va vous attaquer. 

Ainsi, vous avez une conscience accrue de tout ce que vous dites et faites, qui vous fait douter et qui vous empêche d’être détendu.

Autant vous ne pouvez pas changer votre tempérament ou votre vécu, autant ces pensées limitantes, ces biais cognitifs et cette conscience omniprésente peuvent être contrôlés.

Dans mon prochain message, je vous expliquerai comment fonctionnent les biais cognitifs d’un timide, et comment vous pouvez apprendre à les juguler pour mettre en place des systèmes de pensée propres à vous rendre confiance en vous.

Surveillez bien votre boîte mail ! Je vous retrouve samedi avec la partie 2. 

Bien cordialement,

Marc

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horus viala
horus viala
1 mois il y a

Merci Marc de proposer du contenu courageux et inspirant !

Paul Captanis
Paul Captanis
1 mois il y a

Bonjour Marc, juste pour te dire qu’après avoir reçu la partie 1 sur la timidité il y a plusieurs jours, depuis je n’ai plus rien reçu. Merci de me dire ce qu’il en est.

Jean Hennequin
Jean Hennequin
1 mois il y a

Merci, Marc, pour vos lettres motivantes. Pour ma part, j’aimerais partager une réflexion lue quelque part et qui va dans le sens de vos observations: « Ce n’est pas de ma faute si je suis comme je suis. Mais c’est de ma faute si je ne fais rien pour améliorer ma façon d’être ».

Luc
Luc
1 mois il y a

Comme toujours c’est très Intéressant, concis, clair, percutant.
Merci Marc

Lion
Lion
1 mois il y a

Bonjour et merci pour le bien-être que vous nous apportez

Rémi
Rémi
1 mois il y a

La timidité ne serait-elle pas due aussi à un certain orgueil ? (Suis-je à la hauteur de la situation ? Que va t’on penser de moi ?)

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