Bien nourrir votre cerveau (partie 1)

Quand manger mal rend fou…

Cher lecteur,

Temps de lecture estimé : 5 minutes

Manger mal rend fou.

Je pourrais vous le dire autrement, adoucir la réalité… mais je ne vous rendrais pas service.

De récentes études ont prouvé que l’alimentation était directement liée au comportement et à la prise de décisions.

Selon ce que vous mangez, vous n’agissez pas de la même manière – et vous faites des choix qui vous semblent rationnels sur le moment…

… alors que vous n’agissez que sous le coup de dérèglements chimiques et hormonaux au niveau cérébral !

Pourquoi je vous dis ça ? Parce que l’alimentation moderne est très, très en cause dans les études que j’évoque – je vous explique ça tout de suite.

4 expériences terrifiantes, une même conclusion

Depuis les années 60, la population de grands hamsters d’Alsace diminue.

La cause est identifiée : depuis les années 60, la monoculture de maïs sur le territoire naturel du hamster s’étend encore et encore… et l’alimentation variée du hamster a été progressivement remplacée par une consommation presque exclusive de maïs.

Le problème, c’est qu’à ne manger que du maïs, le grand hamster d’Alsace développe des carences.

Cela ne l’empêche pas de vivre, ni de se reproduire… Mais ça le rend fou.

Des biologistes ont mené l’enquête[1] : en ne nourrissant les hamsters qu’avec du maïs, ceux-ci deviennent agressifs et hypersensibles à leur environnement.

Avec ce régime, plus de 80% des femelles hamster dévorent leurs petits quelques jours après leur naissance… On comprend mieux l’hécatombe démographique chez ce rongeur, au demeurant sympathique.

À gauche, Saturne dévorant un de ses fils, de Goya. À droite, un grand hamster d’Alsace…

Rapidement, les scientifiques identifient LA carence qui pose problème : c’est un déficit en vitamine B3.

Lorsqu’ils fournissent des suppléments de B3 aux hamsters, ceux-ci retrouvent leur comportement normal.

Les femelles recommencent à allaiter et éduquer leurs petits, plutôt que de les dévorer.

Malheureusement, cela ne concerne pas « que » les hamsters

À ce stade, vous vous demandez quel est le rapport avec nous.

En fait, des expériences similaires ont été menées chez l’Homme – je vous rassure, aucun enfant n’a été dévoré.

Ap Zaalberg, un chercheur hollandais a mené une expérience sur 221 détenus répartis dans 8 prisons différentes[2]. Ces détenus recevaient, en plus des repas de la cantine, des suppléments en vitamines, minéraux et acides gras.

Au bout de plusieurs semaines, le chercheur a mesuré le taux d’incidents provoqués par ces détenus par rapport à la moyenne de tous les prisonniers des 8 prisons concernés.

Ce taux était 33% inférieur à la moyenne des autres prisonniers. Après vérification auprès des gardiens, ceux-ci ont confirmé que les 221 détenus étaient moins agressifs depuis leur supplémentation vitaminée.

Des résultats similaires ont été observés dans d’autres prisons d’Europe : un régime plus riche en nutriments diminue le nombre d’incidents violents.

Des décisions « impulsives » liées à un manque de protéines

Une autre étude a été menée par le Dr So Young Park, de l’Institut de psychologie de Lübeck, en Allemagne.

10 pièces sont posées sur une table. Il faut les répartir en 2 sommes, mais ce n’est pas vous qui décidez comment : c’est un inconnu, assis en face, qui vous propose la répartition de son choix. Il vous propose des deals injustes (par ex., 2 pièces pour vous, 8 pour lui).

Si vous acceptez, vous repartez avec moins que lui, mais si vous refusez, personne ne gagne rien – vous ne pouvez pas négocier. Si vous acceptez, vous vous sentez floué mais repartez plus riche que vous êtes venu. Si vous refusez, vous repartez les poches vides mais la tête haute…

Qu’est-ce qui conditionne une telle décision ? Ce que vous venez de manger.

24 personnes ont participé à cette étude, chacune lors de 2 sessions où elles ont reçu 2 petit-déjeuners différents.

On observe qu’une même personne prend des décisions totalement différentes en fonction que ce qu’elle a mangé.

Dans un cas, on leur sert un petit-déjeuner très protéiné, dans l’autre, un petit-déjeuner peu protéiné.

Quelques heures après le repas, les cobayes passent une batterie de tests basés sur une répartition inéquitable de richesses, qu’ils ne peuvent pas discuter.

Verdict : Quand il a mangé des protéines, l’intérêt du cobaye l’emporte sur son agacement. Il repart avec les pièces, se montre tolérant face aux offres injustes.

Celui qui a mangé peu protéiné se montre intransigeant face aux offres injuste – même quand il pourrait gagner 2-3 pièces plutôt que rien.  Il rejette en moyenne 2 fois plus souvent les offres injustes que celui qui a pris un petit-déjeuner protéiné…


En cause, un taux différent de tyrosine dans le sang. La tyrosine est un acide aminé qu’on trouve dans les protéines.

Les individus les plus enclins à accepter les pièces, même mal réparties, avaient un taux de tyrosine bien supérieur à ceux qui refusaient les offres inéquitables.

Or, la tyrosine est un précurseur de la dopamine, hormone de la motivation et de la prise de risques.

Quand on mange assez de protéines, le taux de tyrosine monte, ce qui provoque une production accrue de dopamine, et donc… des décisions différentes, plus alignées sur nos intérêts que sur notre fierté.

Quand la nourriture industrielle nous rend stupides


Ce n’est pas qu’une question d’agressivité ou de décisions impulsives : la malbouffe détraque également nos facultés cognitives.

Une expérience de Margaret Morris, menée à l’Université de Sydney sur des rats, nous donne un premier exemple.

Un groupe de rats nourri avec des aliments transformés a été comparé à un groupe de rats nourri avec des aliments non-transformés.

Premier constat : les rats nourris aux aliments transformés ont doublé leurs rations alimentaires – ils n’étaient pas rassasiés avant d’avoir consommé au moins 2 fois le nombre de calories de leurs congénères nourris avec des aliments sains.

Ensuite, on a mené des expériences de mémorisation spatiale sur les deux groupes. Concrètement, on dispose des objets dans la cage, on laisse les rats se familiariser avec eux, puis on sort les rats de la cage, et on déplace un de ces objets.

Les rats nourris à l’alimentation transformés, en revenant dans la cage, ne reconnaissaient aucuns des objets: ni ceux qui avaient été déplacés, ni ceux qui n’avaient pas bougé.

Les rats bien nourris, à l’inverse, passaient beaucoup moins de temps à « détailler » les objets qui n’avaient pas bougé, mais autant sur les objets déplacés.

Ils se souvenaient mieux de la disposition des objets avant leur départ.

Les études chez l’Homme montrent que 4 jours de malbouffe suffisent à altérer le fonctionnement de l’hippocampe, une zone du cerveau liée à la consolidation des souvenirs et à l’apprentissage.

En cause : une inflammation qui s’attaque au cerveau


Pour expliquer ce phénomène, il suffit de regarder comment fonctionne le cerveau d’une personne qui se nourrit d’aliments transformés.

Ces aliments étant inflammatoires (c’est-à-dire qu’ils déclenchent une réaction immunitaire du corps humain, à cause des produits industriels ajoutés, des excipients, conservateurs, colorants, gélifiants, huiles hydrogénées… qu’ils contiennent), ils fatiguent l’organisme et l’agressent en permanence… sans faire de bruit.

Peu à peu, la barrière hémato-encéphalique se fait « grignoter » elle aussi. Or, cette barrière est censée protéger le cerveau des dérèglements dans le reste du corps. Puisqu’elle devient poreuse, elle laisse passer l’inflammation, et le niveau de molécules inflammatoires augmente dans le cerveau.

Conséquence : les cellules microgliales se mettent à débloquer.

Ces cellules immunitaires sont prévues pour manger les neurones morts et « faire de la place ». Une fois soumises à l’inflammation, elles dévorent des neurones vivants

En résumé, à cause de l’inflammation, provoquée par une mauvaise alimentation, le cerveau se dévore lui-même… Et l’on perd des neurones à grande vitesse, ce qui augmente le risque de maladie neurodégénérative, mais nous rend également moins intelligents au quotidien.

C’est un phénomène observé chez les cocaïnomanes… qui touche désormais une bonne partie de la population, simplement à cause de leur alimentation.

Ce n’est d’ailleurs pas le seul point commun entre l’alimentation ultra-transformée et la cocaïne…

Une addiction « pire que les drogues les plus dures »

Un petit rappel avant de conclure. Manger des aliments ultra-transformés (majoritaires dans tous les supermarchés) a des conséquences néfastes sur :

  • Le comportement et l’agressivité
  • La mémoire et les facultés cognitives
  • Le nombre de neurones du cerveau (et une tendance à l’autophagie à cause de cellules microgliales devenues folles)

Le pire, c’est que l’alimentation transformée, très riches en mauvaises graisses et en sucres rapides est une vraie drogue, que certains n’hésitent pas à comparer, en termes de niveau d’addiction, à la cocaïne ou à l’héroïne.

Les chercheurs de l’Université d’Oregon ont remarqué, chez les habitués des sodas ou crèmes glacées, que la simple image d’un soda ou d’une glace déclenche une réaction violente du circuit de la récompense, qui crée une pulsion d’un niveau comparable au manque ressenti dans toutes les addictions « dures », du tabac à l’héroïne.

Sans doute un facteur explicatif à l’explosion du nombre d’obèses…

Une autre étude menée sur des rats a déjà prouvé que le sucre est même plus addictif que la cocaïne.

Quand on leur met à disposition de la cocaïne et de l’eau sucrée, les rats consomment 4 fois plus souvent l’eau sucrée que la cocaïne

Dans ma prochaine lettre : les 6 secrets pour un cerveau ultra-performant

Désolé pour ces études inquiétantes, mais je tenais à être clair : notre civilisation est en train de nous transformer en individus aussi violents que stupides… et sujets aux pires maladies de civilisation.


Certains refusent de voir le problème : ils ne voient ni la montée de l’ultraviolence, ni l’explosion des cas d’obésité… ou bien ils cherchent à minorer leur gravité. 


D’autres cherchent des solutions pour rester sain de corps et d’esprit dans ce monde de fous – et t si vous me lisez, bonne nouvelle : vous allez recevoir une solution dès demain.

Dans ma prochaine lettre, je vous donnerai toutes les clés pour protéger votre cerveau de l’inflammation, de la dégradation liée au mode de vie… mais ce n’est pas tout.

Vous apprendrez à le « booster » grâce à votre alimentation, en renforçant sa plasticité et la circulation des informations entre vos neurones

En clair, vous saurez démultiplier votre performance cognitive grâce à la nutrition.

Bien cordialement,

Marc


[1] https://www.sciencesetavenir.fr/animaux/comment-un-regime-au-mais-transforme-le-grand-hamster-d-alsace-en-rongeur-infanticide_110225

[2]https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/20014286/

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Jean-Luc Viens
Jean-Luc Viens
1 mois il y a

merci Marc

Patrick Delaunay
Patrick Delaunay
2 mois il y a

L’Homo sapiens est plus ou moins fou par nature. Inutile d’y ajouter, donc.
Dans Idiocracy, film d’anticipation ou de science-fiction, les individus sont devenus stupides et, tantôt doux, tantôt énervés. Malbouffe et langage détruit, réduit. Pensée rachitique, inculture. On y est déjà.
Bonne journée.

Rémy
Rémy
2 mois il y a

Je trouve ce contenu intéressant et utile.

Christiane Collet
Christiane Collet
3 mois il y a

Voilà des lettre et des expériences, sur animaux, (ou humains) UTILES !!!! Voir ce qui manque, DE NATUREL, et non pas tortures et médics chimiques !!!! QUE CHACUN LE DISE A SES TOUBIBS !!! MERCI BEAUCOUP, CHER MARC !!!

Minh THuat Nguyen
Minh THuat Nguyen
7 mois il y a

Merci beaucoup, c’est vaiment très intéressant. Encore merci

Niko
Niko
7 mois il y a

Merci à toi Marc pour la lumière que tu mets sur ce monde parfois bien sombre !

Isaac KENGNE
Isaac KENGNE
7 mois il y a

Merci pour toutes ces informations superpertinentes et salvatrices pour l’Humanité.

robert CHIROL
robert CHIROL
7 mois il y a

GRANDS BRAVOS MARC pour vos propos si pertinents, ce dont je pratique depuis longtemps, pour me nourrir, car venant du monde paysan, nos anciens connaissaient tout ce qui était bon et naturel pour travailler dur et rester en si belle santé même vieillissants. Robert CHIROL

Eric B
Eric B
7 mois il y a

MARC EN 2 MOTS: SOIT BENI Je ne prend pas souvent ma « plume électronique » mais je voulais te remercier pour ce que tu fais pour autrui, pour nous, du fond du coeur. Car je suis abonné à de nombreuses newsletters depuis des lustres et ce que tu donnes est si crucial , pertinent, et pourtant si peu diffusé… Tout ce que tu nous délivre sont des Trésors et Dieu sait que depuis des décennies bien avant le Web j’investiguais sur tous ces sujets et je consulte et recroise pléthore de sources dans les thèmes que tu abordes , j’ai fait… Lire la suite »

pauline
pauline
7 mois il y a

Encore moi, pour une nouvelle idée… Votre allusion à la cocaïne et aux décisions hasardeuses me fait penser à un exemple qui vient de haut. Mais je voudrais vous demander si le pourcentage d’alimentation carnée ne peut pas changer une société. Des voyants nous prédisent une nourriture plus végétale, cela pourrait-il être une décision venue de je ne sais qui ? Serait-ce un bienfait ? Merci de me donner votre avis.

pauline
pauline
7 mois il y a

Bonjour, Marc ! Merci encore de votre générosité, et de vos mails. J’apprécie beaucoup le fond, le sérieux de vos informations, mais aussi la sobriété de votre rédaction (absence de style « publicitaire »). Cette lettre-ci, concernant l’inflammation du cerveau, me fait penser au sort des électrohypersensibles (c’est une question d’inflammation) et je vais la diffuser, soyez-en sûr. Par ailleurs, je me suis laissé dire que les dattes seraient le seul aliment complet, donc fournissant tout ce qu’il faut, un seul défaut, c’est stimulant, ne pas en prendre en fin de journée.
Bonne semaine !

Grandhenry
Grandhenry
7 mois il y a

Merci Marc,toujours un plaisir de vous lire, bonne journée.

Alain Couard
Alain Couard
7 mois il y a

alors là, bravo Marc ! je suis habitué à ce genre de lecture depuis 5 ans et malgré tout, j’en tombe sur le cul ! L’impression qui me reste, c’est que cela est voulu (directement ou indirectement) pour mieux contrôler la population. Le modèle totalitaire à la chinoise se met en place sournoisement.

Daniel R
Daniel R
7 mois il y a

Il semblerait que ce soit Saturne et non Jupiter… Cdt. Daniel R https://fr.wikipedia.org/wiki/Saturne_dévorant_un_de_ses_fils

Daniel R
Daniel R
7 mois il y a

Bonjour Marc, et grand MERCI pour la générosité dont vous faites preuve avec ces lettres, abordant des sujets qui m’importent beaucoup, truffées de conseils et d’informations ultra intéressant(e)s. Je n’ai encore trouvé cela nulle part ailleurs, pourtant j’en reçois d’autres… Vous faites cela gratuitement qui plus est, malgré le travail que cela doit nécessiter?! Merci encore, je file vite lire la N°2. (Ps: Il fait flipper Jupiter !) ^_^ Daniel.

Eric
Eric
7 mois il y a

Cher Marc,
plus je vous lis, plus j’ai envie de continuer. Je ne suis pas en mesure de respecter chaque point de votre programme au pied de la lettre mais je m’y tiens à +/- 75%.
Et je dois dire que les résultats sont probants et visibles tant à l’aspect extérieur qu’à la montée en puissance de la force intérieure.
Merci de votre partage
Eric

cabrier Odette
cabrier Odette
7 mois il y a

tellement vrai et intéressant

Recevoir les 8 conseils de Marius